Communiqué de presse

Un filtre au terme de la première année de médecine dès la rentrée prochaine

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2015 / 01 / 30

Ce mercredi 28 janvier 2015, le Conseil de la Jeunesse a rencontré le cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur Jean-Claude Marcourt au sujet de l’instauration d’un filtre à l’entrée des études de médecine.

Pour rappel, en décembre 2014, la Ministre de la Santé Maggie De Block acceptait de garantir l’obtention d’un INAMI à tous les étudiants en cours de cursus (médecine et dentisterie) si et seulement si une régulation était instaurée en facultés de médecine et dentisterie francophones, permettant d’éviter, à l’avenir, l’inadéquation entre le nombre de diplômés et le nombre d’INAMI disponibles. L’enseignement supérieur étant une compétence communautaire, le Ministre Marcourt devait garantir l’instauration d’un filtre calqué sur les quotas fédéraux : chose qui semble en bonne voie de réalisation.

 

Suite à cette rencontre entre le Cabinet du Ministre Marcourt et divers acteurs de terrain dont le Conseil de la Jeunesse, plusieurs pistes ont été avancées et semblent se confirmer pour l’année académique prochaine :

  1. L’examen d’entrée accompagné d’une année propédeutique pour ceux qui l’auraient échoué est exclu par l’ensemble des acteurs vu l’hétérogénéité du niveau des écoles de notre enseignement secondaire et l’impossibilité de déterminer à l’entrée les futurs meilleurs médecins.
  2. Le filtre serait placé au terme de la première année de médecine et correspondrait à un numerus fixus, à savoir un quota de numéros INAMI par facultés de médecine, quota basé sur les inscriptions en première année de médecine des années précédentes. Le nombre total de numéros INAMI délivrés à la Fédération Wallonie-Bruxelles sera fixé par le Gouvernement Fédéral et connu dans les prochains mois suite aux résultats définitifs du cadastre. Le classement des étudiants pouvant poursuivre les études se baserait sur les pourcentages qu’ils ont obtenus aux matières enseignées au second quadrimestre de la première année à savoir les matières médicales (anatomie, physiologie, épistémologie, etc.). Ceci fait notamment suite aux nombreuses études scientifiques qui démontrent i) l’absence totale de corrélation positive entre les performances aux matières de sciences fondamentales (matières du premier quadrimestre : mathématique, chimie, et physique) et la réussite finale ; ii) la présence d’une corrélation positive entre la réussite des matières médicales et la réussite/compétence clinique.
  3. La suppression du système d’étalement dès l’année prochaine et donc de la contrainte du 8/20. A l’heure actuelle, aucune garantie n’a été avancée sur l’avenir des étudiants qui débuteront leur étalement cette année-ci, à savoir dans l’ancien système ! Autrement dit, nous sommes dans l’incapacité de savoir si, en cas de réussite de leur première année d’étalement, ils pourront continuer leur première dans l’ancien système, et ne pas être soumis au filtre de fin de première.
  4. Le maintien du test indicatif en début de cursus.

Par ce communiqué de presse, quatre mois après avoir tiré la sonnette d’alarme en mobilisant plus de 5000 jeunes dans les rues de Bruxelles, le Conseil de la Jeunesse tient à marquer son soulagement quant à cette avancée permettant de garantir un INAMI à tous les étudiants en cours de cursus. Le refus de l’examen d’entrée, l’instauration d’un filtre différé de l’entrée, et le maintien du test indicatif sont des revendications initiales du Conseil de la Jeunesse qui tient à rappeler l’importance d’obtenir rapidement des garanties sur la fixation des quotas fédéraux pour les années post-2021. Etant donné les poches de pénuries qui caractérisent de nombreux bassins de soins francophones, il est crucial que ces quotas INAMI tiennent compte de l’offre médicale actuelle et des besoins de la population pour les prochaines décennies. Etant donné que les étudiants inscrits en première année de médecine en 2015 – 2016 seront pour la plupart diplômés en 2021, il est urgent :

i)       d’officialiser les résultats du cadastre,

ii)     de planifier intelligemment et rigoureusement les besoins en soins de santé par spécialités et par régions pour les prochaines années,

iii)   d’analyser les différences culturelles médicales entre la communauté flamande et la Fédération Wallonie-Bruxelles,

iv)   de fixer des numéros INAMI et quotas par facultés en tenant compte de ces éléments.

Le Conseil de la Jeunesse sera particulièrement attentif au déroulement des prochaines étapes inhérentes à ce dossier et sera reçu par les élus du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 10 février prochain pour relayer l’avis et les préoccupations de la jeunesse à ce sujet.

Pour le Conseil de la Jeunesse,
Jérôme LECHIEN
Président
0498/64.09.19
Email : Jerome.Lechien@umons.ac.be