Avis officiels et positions

Avis officiel : abaissement du droit de vote à 16 ans

409
403
2018 / 02 / 13

Huit jeunes francophones sur dix opposés à l’abaissement du droit de vote à 16 ans !

La question de l’abaissement du droit de vote se retrouve aujourd’hui en pleine actualité, puisque Ecolo vient de déposer un projet de loi au Parlement fédéral en ce sens. Si sur la forme le Conseil de la Jeunesse, l’organe officiel d’avis et porte-parole des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles, ne peut que se réjouir d’une proposition qui vise à donner plus d’importance à la voix des jeunes, sur le fond, comme dans son avis émis en mai 2014, le CJ continue d’adopter une position nuancée sur le droit de vote à 16 ans.

Cohérent avec ce qu’il annonçait en mai 2014, et dans un souci de représentativité des jeunes, le Conseil a réalisé directement auprès des jeunes âgés de 16 à 30 ans une enquête sur leur ressenti face à la question de l’abaissement du droit de vote à 16 ans. Profitant des manifestations culturelles et populaires estivales, le CJ a recueilli l’avis et les arguments de 1046 jeunes sur la question. Sur ces 1046 personnes, 827, soit 79% se sont prononcées contre l’abaissement ; 219, soit 21% se sont prononcées pour.

Concernant les opposants à l’idée, trois arguments sont avancés :
(i) le manque de maturité et le caractère influençable des jeunes de 16 à 18 ans (53%) ;
(ii) le manque de connaissances de notre système politique (30%) ;
(iii) le manque d’intérêt vis à vis des questions politiques (17%).

Synthétisant ce triangle d’avis négatifs, des jeunes concluent en disant que l’abaissement de l’âge légal du vote est inutile, voire dangereux, tant pour les jeunes qui pourraient être manipulés et in fine pour la société qui verrait des partis anti-démocratiques tenir des discours démagogiques à destination des jeunes pour s’adjuger leur vote.

Les arguments des jeunes en faveur de l’abaissement du droit de vote à 16 ans sont plus disparates. On remarquera cependant un trio de tête :
i) l’appel au droit à la liberté d’expression (29%) ;
ii) l’opportunité d’impliquer ainsi plus les jeunes dans le débat politique (24%) ;
iii) la présence d’une maturité suffisante à 16 ans (21%) ;

Enfin, tant dans le camp du « oui » que dans celui du « non », une majorité de personnes qui font des recommandations (53%) insiste sur la nécessité de former/éduquer/sensibiliser les jeunes aux enjeux de ce vote et à la politique.

En 2014, le CJ mettait déjà l’accent sur la nécessité de former les jeunes, citoyens à part entière en devenir.

Après l’enquête qu’il a réalisée, le CJ considère encore davantage que la question essentielle dans ce débat n’est pas l’âge auquel une personne a le droit de voter, mais plutôt la mise en oeuvre dans notre pays des conditions indispensables pour former de véritables Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires (CRACS).

Pour atteindre cet objectif, l’éducation formelle mais aussi l’éducation non-formelle doivent être réinvesties massivement par le monde politique pour permettre aux jeunes de se construire leur propre opinion en toute connaissance de cause. Il faut que les programmes scolaires soient pensés de manière à apporter à chaque élève, dans toutes les filières, les moyens de se construire un esprit libre, critique et informé. A ce sujet, même s’il n’est pas encore possible de l’évaluer dans les faits et la durée, le CJ salue la programmation d’un cours de citoyenneté pour les rentrées 2016 et 2017.

Enfin, le risque de voir l’abaissement de l’âge du droit de vote couplé à l’abaissement de la majorité pénale est bien réel et a d’ailleurs été suggéré par certains députés ( notamment Denis Ducarme, MR). A l’instar des lois liberticides qui ciblent les publics jeunes (Loi SAC, etc.), le CJ rappelle toute son opposition à ce genre de mesures stigmatisant et sanctionnant une partie de la jeunesse.

Le Conseil de la Jeunesse souhaite une meilleure prise en compte de l’avis des jeunes dans les politiques qui les concernent : pour cela il faut optimiser et valoriser les organes créés pour les représenter. Le véritable enjeu pour le Conseil de la Jeunesse est de permettre aux jeunes, mais aussi à tous les citoyens, de retrouver du sens et de l’intérêt pour la politique.

Le Conseil de la Jeunesse

Téléchargez le document PDF