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Retour sur l’expérience de Norman au HLPF 2020

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2020 / 07 / 22

Norman, jeune délégué ONU du Forum des Jeunes, a participé début juillet au Forum Politique de Haut Niveau sur le Développement Durable (#HLPF en anglais). Il a accompagné, virtuellement mais sûrement, la délégation belge officielle lors de cette rencontre des Nations Unies, en y représentant les jeunes belges francophones. Comment s’est passée son expérience ? Qu’a-t-il fait concrètement ? Norman nous en parle dans cette interview.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Norman, j’ai 26 ans et j’habite Bruxelles. Je fais un doctorat en droit à l’université Saint-Louis – Bruxelles sur la question des indicateurs de prospérité en Belgique et, cette année, je suis délégué ONU au développement durable pour le Forum des Jeunes !

Tu es donc « délégué ONU » au Forum des Jeunes ?

Yes ! En gros, le Forum des Jeunes c’est le porte-parole des jeunes âgés de 16 à 30 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il participe activement à la représentation des jeunes au niveau international via, notamment, le programme des « délégué·e·s ONU ». Du coup, chaque année, le Forum permet à trois délégué·e·s de porter la voix des jeunes francophones en matière de climat, de développement durable et de jeunesse auprès des Nations Unies. Et cette année, le délégué ONU au développement durable, c’est moi !

Ça veut dire quoi concrètement ?

Être délégué ONU au développement durable, c’est représenter – avec une Team très motivée – les jeunes belges francophones sur les questions liées au développement durable tant au niveau international qu’au niveau national.

Au niveau national, nous avons lancé, avec les membres des Teams climat et développement durable, une campagne sur l’alimentation durable. N’hésite pas à donner ton avis d’ailleurs 🙂

Au niveau international, cela prend principalement la forme d’une participation active au High Level Political Forum on Sustainable Development (HLPF-SD) ou Forum Politique de Haut Niveau pour le Développement Durable en français. En tant que jeune délégué ONU, j’ai fait partie de la délégation officielle belge ! Avec mon homologue néerlandophone, nous avons donc assisté aux réunions de coordination avec le SPF affaires étrangères et d’autres organisations impliquées dans le développement durable en Belgique.  L’ objectif de ces réunions était de savoir ce sur quoi nous devons porter notre attention, faire un suivi, etc,… 

Pourquoi as-tu voulu t’engager pour le développement durable ?

A titre personnel, j’avais envie de me lancer dans cette aventure de délégué pour le développement durable parce que c’est une manière parmi tant d’autres de s’engager dans la voie d’une transition sociale et écologique qui est plus que nécessaire. D’un côté l’urgence climatique est à nos portes alors que, de l’autre, la crise post-COVID qui nous attend risque de poser de graves problèmes sociaux qu’il faudra prendre en compte et combattre. Dans ce contexte là, rencontrer, apprendre, rassembler et plaider sur les questions de durabilité pour apporter, chacun à sa manière, une petite pierre à l’édifice est essentiel. C’est pour ça qu’à côté de mon doctorat, lié lui aussi à des question de durabilité, j’avais envie de m’engager dans ce mandat.  

Tu as donc participé au HLPF… peux-tu nous rappeler ce que c’est ?

Le HLPF, c’est le High Level Political Forum for Sustainable Development – Forum Politique de Haut Niveau pour le développement durable. C’est une « grand-messe » du développement durable organisée pendant huit jours, en principe, à New York chaque année au mois de juillet. Depuis 2015, tous les États membres de l’ONU s’y retrouvent pendant une dizaine de jours pour discuter de l’implémentation de l’Agenda 2030, qui a mis en place les dix-sept objectifs de développement durable. Y sont donc abordées: les interconnexions entre aspects sociaux, économiques et environnementaux. L’un des objectifs principaux du Forum est notamment d’aboutir à une déclaration politique négociée entre gouvernements au niveau de l’accomplissement des objectifs de développement durable. C’est aussi l’occasion pour différents États de montrer leurs avancées en matière de développement durable, ce que la Belgique a fait en 2017.  

Le Covid a-t-il eu un impact ?

Oui, cette année, le COVID a chamboulé l’organisation du sommet. Après beaucoup d’incertitudes, il a finalement été décidé – tardivement – qu’il aurait lieu en ligne. Concrètement, n’importe qui pouvait suivre les sessions “officielles”, et les “évènements parallèles” qui l’intéressait via une plateforme en ligne. Les délégations officielles des Etats membres de l’ONU pouvaient quant à elles interagir via une plateforme d’échange de type “Zoom”. Le fait que ce soit en ligne a permis une plus grande inclusivité, mais il faut bien admettre que, du coup, les interactions lors des sessions étaient quasiment inexistantes (chacun lisait son texte dûment préparé) et que les rencontres informelles, qui font habituellement la richesse de ce genre d’évènements, étaient pratiquement impossibles. Étrangement, il était aussi plus difficile de ressentir l’appréciation générale des Etats vis-à-vis d’une intervention parce que, simplement… on n’entend pas d’applaudissements ! 

Autre élément un peu plus négatif : à l’heure actuelle aucune déclaration politique n’a été adoptée par les Etats membres en conclusion du sommet et il y a eu peu d’engagements concrets, ce qui est très dommageable à l’heure où le multilatéralisme et la solidarité au niveau mondial sont de la plus haute importance. 

Et ton side-event, comment ça s’est passé ?

Au delà de la participation à la délégation belge, avec d’autres délégués ONU de différentes parties du monde, nous avons organisé un évènement parallèle officiel sur l’inclusion économique des jeunes en temps de crise. Le Ministre Alexander de Croo a introduit l’évènement, qui a tout de même eu un petit succès : 2900 vues à ce jour ! 

Le 9 juillet, nous nous sommes donc réunis à Bruxelles pour filmer en direct un évènement d’une heure, avec des intervenants spécialistes de la questions qui interagissaient avec nous. J’ai eu la chance de pouvoir modérer le side event avec une déléguée ONU néerlandaise, ce qui était un beau défi : introduire et animer le débat en anglais, bien saisir le fonctionnement technique, gérer la communication avec l’équipe professionnelle qui était présente, lancer les questions reçues en ligne… C’était une heure intense ! Tout s’est bien passé grâce à un grand travail préalable en équipe, qui nous a permis de nous rencontrer entre jeunes délégués ONU de manière conviviale. 

Notre objectif était que les États prennent conscience de  l’urgence de réduire le pourcentage de jeunes qui ne sont ni employés, ni en formation, ni dans le système éducatif à travers le monde, d’une part, et qu’ils réalisent l’impact disproportionné de la crise post Covid-19 sur la jeunesse, d’autre part. Il faut que ce soit une priorité dans les politiques publiques de relance.

Que retiens-tu de cette expérience ?

Cette expérience m’a apporté plusieurs choses. D’abord, je me suis rendu compte de l’importance cruciales des rencontres et des rapports interpersonnels dans la construction plus générale d’avis, de positions et d’avancées. Ensuite, à titre personnel, c’était très enrichissant de voir d’un peu plus près – même virtuellement – le fonctionnement d’une délégation et d’un sommet de l’ONU tout en y apportant modestement une touche “différente”, celle de la jeunesse. Enfin, cela m’a renforcé dans l’idée qu’il est plus que nécessaire pour les jeunes aujourd’hui de s’engager. La Lockdown generation que nous sommes ne doit pas se contenter de la construction d’un monde d’après par d’autres. Prenons chacun.e notre courage à deux mains et ayons la force d’essayer envers et contre tout de comprendre le monde qui nous entoure et agir dessus ! La définition du fameux ‘monde d’après’ doit se faire avec nous et, chacun à son échelle, doit faire son possible pour y contribuer. C’est maintenant ou jamais ! 

Un fun fact sur le HLPF ?

Certains officiels ont beau être diplomates, avoir une éloquence digne des plus grands et avoir connus des réunions virtuelles pendant près de trois mois maintenant, ils ne sont par contre toujours  pas doués pour utiliser une caméra d’ordinateur ou un micro ! Certains sont ainsi intervenus avec un grand plan sur leurs yeux ou sur une moitié de visage, sans oublier les “do you hear me?” très fréquents avant chaque intervention. D’autres, par contre, ont troqué le mur de leur salon pour de magnifiques fond d’écran virtuels avec des drapeaux de l’ONU flottant au vent… A chacun sa manière de concevoir les rendez-vous virtuels.

Si tu veux reécouter Norman en Live, c’est par ici !

Des commentaires ? Des questions ? Nous rejoindre ?

Si tu as des questions par rapport aux mandats de « délégué·s » ONU ou que tu aimerais bien rejoindre la Team Développement Durable, n’hésite pas à contacter Louise, chargée de projet internationaux du Forum des Jeunes via louise.lebichot@cfwb.be.