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Quelle place pour les jeunes à l’ONU ?

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2019 / 07 / 01

Launy, jeune déléguée ONU pour le développement durable, s’envole début juillet pour le HLPF. Le Conseil de la Jeunesse a été à sa rencontre afin de vous faire découvrir celle qui vous représentera auprès des Nations Unies. N’hésitez pas à suivre son aventure en direct sur les réseaux.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Launy, j’ai 25 ans et depuis février 2019, je suis jeune déléguée ONU pour le développement durable au Conseil de la Jeunesse.  J’ai fait des études de droit et je travaille depuis un an en tant que juriste. J’ai une passion pour l’écriture et j’essaye d’adopter dans mon quotidien un mode de vie plus écoresponsable. C’est la raison pour laquelle, il y a deux ans,  j’ai créé un blog www.ethikal.org dans lequel je fais la promotion de marques éthiques et éco-friendly.

D’ailleurs, j’ai réalisé un petit guide « 7 jours pour construire ton dressing éco-responsable » dans lequel les jeunes trouveront des conseils et des bonnes adresses pour un dressing plus écofriendly. Mon objectif est de présenter des solutions éco-responsables et stylées à mettre en place en moins d’une semaine !

Explique-nous pourquoi tu as voulu être déléguée ONU pour le développement durable…

Le développement durable est une thématique qui me passionne. Comme beaucoup de jeunes, j’ai envie de sentir que je peux contribuer à mon échelle pour avancer vers un monde meilleur. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à m’investir dans des projets qui font sens et dans lesquels je me sens utile, comme des ONG’s ou des associations étudiantes.

Je constate aujourd’hui que la jeunesse peut être un réel vecteur de changement, car nous sommes de plus en plus nombreux à nous sentir concernés par les dérèglements climatiques et souhaitons œuvrer aussi bien que possible à la construction d’un monde plus durable, plus sûr, avec de meilleures relations humaines et moins d’inégalités.

J’ai aussi un intérêt particulier pour la sphère internationale et beaucoup de respect pour le travail effectué au niveau de l’ONU. Cependant, je pense que les jeunes pourraient y être davantage représentés. En effet, la jeunesse mérite d’être mieux entendue et incluse dans le processus décisionnel. Elle peut apporter un autre regard ainsi que des idées novatrices, notamment en matière de développement durable.

Bref, autant de raisons différentes qui font que je suis contente de représenter les 16 – 30 ans en tant que jeune déléguée ONU pour le développement durable. J’ai consulté les jeunes sur leur consommation vestimentaire pendant quatre mois afin de faire remonter leurs avis au HLPF en juillet 2019.

HLPF ? Tu nous expliques ce que c’est ?

Le High-Level Political Forum (HLPF) est le Forum mondial où les Nations Unies entendent assurer un suivi de l’Agenda 2030 qu’ils ont mis en place et une évaluation continue de l’implémentation des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Cet évènement, qui a lieu chaque année en juillet pendant deux semaines, permet de réunir des représentants des Etats, des experts et des membres de la société civile venus des quatre coins du monde pour parler des succès, des défis et des enseignements tirés de la réalisation des ODD.

De même, les Etats-membres de l’ONU ont l’opportunité d’expliquer les mesures politiques et les actions concrètes qu’ils ont mises en place dans leur propre pays pour atteindre cet Agenda 2030.

En tant que jeune déléguée ONU pour le développement durable, je participe à ces deux semaines de Forum avec Flore De Pauw, mon homologue néerlandophone. La conférence s’annonce intense mais surtout très intéressante.

Quel sera ton rôle dans tout ça ?

Mon objectif sera avant tout de représenter les jeunes belges francophones un maximum et de faire en sorte que notre voix puisse être entendue.

Pour cela, je vais collaborer le plus possible avec Flore, mon homologue néerlandophone, afin que l’on puisse défendre une position belge commune. A nous deux, je pense qu’on pourra davantage travailler avec les membres de la délégation et donner un avis « jeune » sur des positions que la Belgique souhaiterait adopter en matière de développement durable.

Tu parlais d’une consultation que tu as menée, tu nous expliques ?

Je vais partager les résultats de l’enquête que j’ai menée en amont de la conférence. Avec Flore, nous avons récolté l’avis des jeunes sur leurs habitudes de consommation.

J’ai eu l’occasion d’interroger les jeunes sur la consommation vestimentaire et j’ai eu près de 600 répondants ! Ces résultats seront très utiles, car nous organisons justement un side-event consacré à la mode éthique et durable le 11 juillet 2019 dans les bâtiments de la Représentation Permanente Belge. L’objectif de cet évènement sera de parler des effets négatifs de l’industrie du textile, mais surtout des solutions innovantes que nous, jeunes, pourrions mettre en place en Belgique pour tendre vers une mode plus éco-responsable.

Pourquoi vous avez choisi de parler de l’industrie du textile ?

Si nous avons choisi de parler de l’industrie du textile, c’est parce qu’il s’agit de la deuxième industrie la plus polluante au monde avec des conséquences environnementales et sociales importantes. Par exemple, cette industrie bafoue malheureusement les droits des travailleurs. Ainsi, beaucoup d’ouvrières qui confectionnent nos vêtements ne reçoivent pas un salaire suffisant pour subvenir à leurs propres besoins et continuent de vivre dans la pauvreté.

D’ailleurs,l’objectif de développement durable n°8 sur le travail décent est justement mis à l’honneur cette année au HLPF. Ce sujet me tient fort à cœur car quand on regarde les chiffres, le commerce équitable ne représente à l’échelle mondiale que 0.1% des relations commerciales, soit une goutte d’eau dans l’océan. Or, il est primordial, si nous voulons atteindre les différents ODD d’ici 2030  de promouvoir ce secteur par une meilleure communication, une diversité des produits sur le marché et une véritable garantie des labels.

Et quid des autres délégués ONU du monde entier ?

Oui, je vais aussi collaborer avec les autres jeunes délégués ONU des autres pays du monde. Nous organiserons ensemble un side-event commun, dans lequel nous pourrons proposer des solutions innovantes pour la réforme du HLPF qui aura lieu en septembre. Notre objectif sera également de planifier des rencontres avec des personnalités importantes du monde de l’ONU. C’est important de  montrer que les jeunes des différents pays sont unis et qu’ils peuvent avoir plus d’ampleur. Peut-être, aurons-nous la chance de rencontrer Antonio Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies et de parler avec lui sur la place des jeunes dans des institutions comme l’ONU ?

En tout cas, j’espère représenter au mieux les jeunes belges francophones et porter leur voix comme il se doit en matière de développement durable !

Launy