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Le 26 mai, je vote informé·e aux élections européennes !

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2019 / 04 / 26

La commission internationale du Conseil de la Jeunesse s’est emparée de la thématique des élections européennes suite à un constat : les jeunes ne prennent pas suffisamment conscience de l’impact qu’a l’Union européenne sur leur vie.

Lors d’une consultation réalisée en 2018, 1 répondant jeune sur 3 ne se sentait pas suffisamment informé pour savoir si leur situation serait pire ou meilleure sans l’Union européenne. 1 répondant sur 3 se sentait rarement ou jamais concerné par l’Union européenne, tandis que 40% d’entre eux se sentaient concernés « de temps en temps ». Pourtant, l’Union européenne est aujourd’hui omniprésente ! Et le vote (informé !) aux élections européennes impactera nos vies de demain. 60% de nos répondants pensaient que les jeunes n’étaient pas suffisamment représentés dans les organes de décision. Voter pour des jeunes qui vous ressemblent fait partie de la solution !

C’est sur un ton humoristique, un peu décalé et en collaboration avec Citizen Motion que la commission internationale a voulu vous faire passer ce message en se dévoilant à vous devant les caméras.

Pour voir la vidéo, c’est par ici !

Les élections européennes, ça sert à quoi déjà ?

Bruxelles, capitale de l’Europe, est au cœur de le Belgique, mais l’Union européenne parait parfois éloignée de nous, voire impénétrable. Cependant, la comprendre nous permet de plus facilement saisir les enjeux des élections à venir. Comme une horloge suisse, tous ses rouages ont un sens et peuvent être décrits.

Le premier rouage est la Commission européenne

Celle-ci peut être assimilée à un gouvernement européen. Elle s’occupe de toutes les matières avec une seule et unique voix, celle de l’Europe. Elle peut donc proposer des textes de lois, gère le budget européen et s’assure que les décisions européennes sont respectées. Elle se compose de 28 commissaires, chaque pays sélectionnant un.e commissaire parmi les siens. Ces commissaires se partagent alors des thématiques propres, telles que la jeunesse, l’économie, la santé, etc… La Belgique est représentée, au sein de législature 2014-2019, par la politique flamande Marianne Thyssen qui est en charge d’un portefeuille important, puisqu’elle gère les questions de l’Emploi, des Affaires sociales, des Compétences et de la Mobilité des travailleurs. La Commission est présidée par l’un de nos voisins luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.

Le second rouage est le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne

Ces deux structures sont des lieux de concertation et de coopération entre les Etats membres de l’Union européenne. Les interlocuteurs sont différents selon les thèmes débattus à ce niveau de pouvoir. En effet, le Conseil européen est le lieu où se réunissent les chef.fe.s d’état afin de discuter des évènements majeurs et des grandes lignes directrices, surtout au niveau des affaires étrangères. Le Conseil de l’Union européenne réunit les ministres selon les compétences de chacun. Par exemple, s’il est utile de débattre de l’enseignement, les ministres de l’éducation des 28 états se rencontreront au sein du Conseil pour en débattre. L’objectif de ces réunions est de trouver un compromis, un terrain d’entente où chaque état trouve son intérêt.

Le troisième rouage est le Parlement européen

Basé à Strasbourg, il fonctionne comme un parlement national mais avec une spécificité : les député.e.s (qui seront au nombre de 751) proviennent des 28 pays membres de l’UE et sont élus dans leur propre pays. Chaque état a un nombre réservé de sièges selon la superficie et la taille de la population, avec un minimum garanti par état afin de favoriser la participation des plus petits états. La Belgique sera représentée par 21 député.e.s : 12 néerlandophones, 8 francophones et 1 germanophone. Le Parlement contrôle la Commission européenne et vote les lois et directives européennes. Le Parlement sera renouvelé en mai prochain suite aux élections européennes.

Les grands enjeux des élections de mai 2019

Cette année, plus que d’autres, les élections seront très importantes pour diverses raisons. Elles ne se limiteront pas uniquement à élire nos représentant.e.s, mais surtout à montrer la direction vers laquelle nous voulons que l’Europe aille, pas uniquement à court terme mais aussi à long terme, afin que nous puissions vivre au sein d’une société viable et durable. Le message doit être clair, à la vue des défis que nous affrontons et qui auront, sans nul doute, des conséquences directes sur nos vies et celles des générations qui nous succèderont.

Dans ces temps troublés par l’incertitude qui règne en Europe suite aux tumultes du Brexit, il est essentiel que nos futurs dirigeants puissent garder le cap afin que l’Union européenne ne soit pas bloquée par ceux et celles qui veulent s’en défaire. Le Brexit, qui reste la suite d’un choix démocratique légitime, aura des conséquences chez nous sur l’économie et sur l’emploi, entre autres. Il est donc important de rester unis et solidaires face à ce défi inédit. Les élections européennes amèneront peut-être une nouvelle équipe dirigeante et ainsi de nouveaux interlocuteurs avec le Royaume-Uni.

Se poser les bonnes questions

Il faudra, aussi, porter une attention toute particulière à certains discours qui feront écho partout en Europe durant cette campagne. Quelques partis ont le vent en poupe dernièrement et parmi ceux-ci, les partis populistes ou de droite radicale. Ces derniers séduisent une frange de la population qui se sent délaissée par les politiques. Ce sentiment, qui est tout à fait compréhensible, ne peut faire le jeu d’hommes et de femmes jouant sur les peurs irrationnelles, la plupart du temps en propageant des fake news qui ont leur succès. Une fois ces fake news ancrées dans l’imaginaire collectif, leurs candidat.e.s n’hésitent pas à recourir à un discours de haine qu’ils englobent au sein d’images chocs ou de punchlines qui font souvent mouche. Il est donc utile de se poser les bonnes questions au sujet de toute information, de tout message politique reçu afin de pouvoir voter en âme et conscience.

Il sera tout aussi utile de s’intéresser au profil des candidat.e.s pour la présidence de la Commission européenne, puisque nous ne voterons pas uniquement pour élire nos député.e.s européenn.e.s. En effet, chaque parti européen met en avant une ou plusieurs têtes de liste internationales, qui parcourent l’ensemble des Etats membres pour promouvoir le parti national affilié à ce même parti européen. Ainsi, le parti européen ayant remporté le plus de sièges au Parlement européen, aura le privilège de voir son/sa candidat.e tête de liste occuper le poste de président de la Commission européenne. Une fonction extrêmement importante et prestigieuse ! 

Cap sur la jeunesse

Cette année marque également un moment charnière pour la jeunesse en Europe puisque le programme Erasmus + s’est vu défini et sera très probablement davantage financé. Nous avons pu voir aussi émerger une nouvelle Stratégie Jeunesse à l’échelon européen, qui est la feuille de route pour toute politique liée à la jeunesse. La nouvelle Commission européenne et le nouveau Parlement devront, durant leurs cinq années de mandat, implémenter ces décisions. Il faudra donc jeter un œil sur le programme politique des partis sur ces questions afin de comprendre au mieux à quoi pourra ressembler la vie d’un.e jeune européen.ne de demain.

Enfin, il est utile de rappeler que notre génération vit des bouleversements sociétaux sans précédents. Le chômage des jeunes, ainsi que la nécessité d’un emploi juste et de qualité pour tous sont un casse-tête pour la plupart de nos décideurs politiques. La mobilité, depuis quelques années maintenant, rythme comme jamais la vie quotidienne d’un jeune. L’accès à un logement de qualité n’a jamais été une lutte aussi difficile, ce qui conduit de plus en plus de jeunes à rester vivre de plus en plus longtemps chez leurs proches. Enfin, les défis climatiques poussent nos générations à agir, car nous serons ceux et celles qui subiront les conséquences du réchauffement climatique. Les jeunes se bougent pour le climat depuis plusieurs mois et sont désireux de changer durablement de mode de vie. Pour ces raisons, les jeunes doivent être écouté.e.s et leurs discours ne doivent pas rester lettre morte mais bien pris en compte. Quels partis l’auront compris selon toi et mériteraient ton vote ?

Tu souhaites comprendre le roaming, la Garantie Jeunesse, ou la monnaie unique ?

Garantie Jeunesse

La garantie Jeunesse est une initiative financée par la Commission européenne depuis 2013. Elle a pour objectif de proposer à tous les jeunes de moins de 25 ans:

  • Un emploi de qualité
  • Une formation
  • Un apprentissage ou un stage dans les 4 mois qui suivent leur inscription ou leur réinscription comme demandeur d’emploi.

Ces fonds permettent notamment à des organismes comme le Forem ou Actiris de renforcer leurs actions liées à l’accompagnement individualisé de jeunes chercheurs d’emploi. Sans ce système, les risques de chômage seraient plus grands et le passage à  la vie professionnelle par la suite serait plus difficile.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les chiffres du chômage des jeunes restent inquiétants, même s’ils sont actuellement en baisse. Cela concerne 29% des jeunes de 15 à 24 ans an Wallonie (2017[1]), et 23.5% des jeunes à Bruxelles (2019)[2].

Actuellement, l’efficacité de la Garantie Jeunesse, ainsi que la suffisance de son financement, restent questionnées. L’Organisation Internationale du Travail a estimé à 21 milliards d’euros la somme nécessaire pour la mise en œuvre de la garantie jeunesse, aujourd’hui financée à hauteur de 8.8 milliards d’euros[3].


[1] https://www.iweps.be/indicateur-statistique/taux-de-chomage-bit/

[2] https://bx1.be/news/taux-de-chomage-baisse-a-bruxelles/

[3] https://www.youthforum.org/sites/default/files/2018-07/ESF%2B_data_analysis_website_FR.pdf

Roaming

Depuis le 15 juin 2017, il est maintenant possible d’utiliser son abonnement national dans tous les pays membres de l’Union européenne, sans frais supplémentaire.

L’objectif ? Créer un marché unique et ouvert des communications électroniques. Grâce à l’Union européenne, lors d’un appel émis vers un numéro de la même nationalité, nous payons maintenant le même tarif pour tout appel émis dans la zone UE. Ce qui jusqu’il y a peu, n’était pas le cas et la facture pouvait être désagréable à recevoir.

La prochaine étape pourrait être de supprimer tous les coûts liés à des appels européens, même entre des opérateurs de pays différents. Mais les opérateurs télécoms voient cela comme des réductions importantes de revenus. Certains pays tels que l’Espagne ou l’Italie parviennent à compenser cette perte par leur grand nombre de touristes, mais pas la Belgique[1]. Affaire à suivre donc…


[1] https://www.rtbf.be/info/medias/detail_les-frais-de-roaming-ont-disparu-il-y-a-tout-juste-un-an-qu-est-ce-que-ca-change?id=9962923

Euro

La monnaie unique en Europe a été mise en place en 2001. Elle facilite la vie de millions de voyageurs européens. Il est possible de consommer partout en Europe sans se préoccuper d’échanger son argent avec de la monnaie locale. Si l’Europe venait à disparaître, imagine devoir aller à la banque, avant chacun de tes déplacements, ne serait-ce que vers la France…

Il est évident que cette politique a changé notre vie à tous. Malgré cette politique monétaire commune, les états restent cependant libres de gérer leurs impôts et les dépenses publiques de manière autonome. Actuellement, certains dirigeants européens, dont notamment la France et l’Allemagne,  souhaitent voir la zone euro dotée d’un budget propre, qui permettrait de mieux gérer les crises financières, mais aussi de donner plus de compétences à L’UE en matière budgétaire. La stabilité de la zone euro en serait renforcée.

Ce budget aurait également pour objectif d’être intégré à celui de l’Union européenne. Or, cela implique des questionnements quant aux rôles des pays de l’UE qui n’utilisent pas l’euro. Après presque 20 ans, l’euro n’a pas fini de questionner …

Comment voter informé·e ?

  • Découvrez les programmes des partis politiques belges en lice pour les élections européennes du 26 mai 2019.
  • Infor Jeunes vous propose un mode d’emploi pour voter.
    Les élections européennes, ça peut te paraître un peu loin de ta réalité en tant que citoyen. Et pourtant, l’Europe influence ta vie quotidienne ! Grâce à cette brochure, tu comprendras mieux le fonctionnement de l’Europe, pour qui on vote au sein de celle-ci, comment et pourquoi ! 
  • Téléchargez l’application CIVIX.be car elle vulgarise, entre autres, les élections européennes. Dans son onglet « Education », CIVIX te propose un dossier sur les élections européennes. Quatre thématiques y sont vulgarisées : qu’est-ce que le Parlement européen ? Qu’est-ce qu’un groupe politique au Parlement européen ? Que sont les têtes de liste ? Que se passe-t-il immédiatement après les élections ?
  • « Cette fois je vote » est une campagne d’information du Parlement européen sur les élections européennes, non partisane, indépendante de toute tendance ou parti politique. L’objectif de « Cette fois je vote » est de promouvoir l’engagement démocratique en vue des élections européennes. En tant qu’institution, le Parlement européen ne soutient aucun parti politique ni aucun candidat.
  • Le Parlement européen a créé sur son site une page spéciale consacrée aux élections européennes 2019.
  • Elections européennes 2019 est une plateforme web dédiée à l’explication de ces élections et à leur fonctionnement. Elle vous donne des informations à la fois sur le vote (comment et pourquoi ?) mais également sur le déroulement des élections (dernières nouvelles et derniers résultats).