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Entre insécurité alimentaire et gaspillage : le rôle des banques alimentaires

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2020 / 06 / 30

Insécurité alimentaire et gaspillage : le grand paradoxe

Si l’accès à l’alimentation est un droit universellement reconnu, il reste, dans la pratique, loin d’être assuré pour tous. En effet, d’après le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en 2019, plus de 820 millions de personnes dans le monde souffraient de sous-nutrition. Ce nombre est, de surcroit, en augmentation constante depuis 2015, alors que sa diminution avait été observée depuis plusieurs décennies, et cela tant à une échelle globale que continentale.

Si ce phénomène semble avant tout concerner l’Afrique, et dans une certaine mesure l’Asie, de par son ampleur et son intensité, il serait naïf de croire que l’Europe est totalement épargnée. Ainsi, selon ce même rapport, 8% de la population européenne serait concernée par l’insécurité alimentaire, phénomène caractérisé par une difficulté ou incertitude pour l’accès à l’alimentation. Ceci n’est guère étonnant, puisqu’en 2016, plus de 112 millions d’Européens (23,5% de la population) étaient sous le seuil du risque de pauvreté ou d’exclusion sociale : pauvreté et insécurité alimentaire sont intrinsèquement liés. En Belgique, en 2018, ce risque touchait 16,4% de la population, contre 15,5% en 2016, tandis qu’en 2017, près d’un belge sur vingt était exposé à l’insécurité alimentaire, une situation également dénoncée par la coalition Perspective 2030, qui vise à assurer la réalisation des objectifs de développement durable en Belgique.

Selon les projections de l‘Organisation des Nations Unies (ONU), la population mondiale pourrait dépasser les neuf milliards de personnes en 2050, cette augmentation soulevant de vives inquiétudes quant à la capacité à nourrir deux milliards d’humains supplémentaires. Ces inquiétudes sont pour le moins paradoxales : en effet, dans un rapport publié en 2011 par la FAO, le gaspillage alimentaire mondial était estimé à 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit environ le tiers de la nourriture produite annuellement ! L’Union européenne, quant à elle, indique dans sa stratégie Farm to Fork que 20% de la nourriture produite est gaspillée. Les lourdes et nombreuses conséquences économiques, environnementales et sociales engendrées par ces pertes de précieuses denrées font du gaspillage alimentaire un problème majeur auquel les sociétés d’aujourd’hui doivent impérativement s’attaquer.

Les banques alimentaires : un tour d’horizon

C’est dans ce contexte aux statistiques aberrantes que s’inscrit l’action des banques alimentaires, des associations ayant pour but d’assurer la collecte, la gestion et la distribution de denrées alimentaires en vue de lutter à la fois contre le gaspillage et contre la privation et l’insécurité alimentaire. En Belgique, la Fédération belge des banques alimentaires coordonne un ensemble de neuf banques alimentaires régionales, chargées à leur tour de redistribuer les vivres récoltés auprès des 618 associations locales qui leur sont affiliées. La Fédération belge des banques alimentaires travaille par ailleurs avec plus de septante entreprises aux niveaux local et national, que celles-ci soient des entreprises agro-alimentaires ou des sociétés de grande distribution. Concrètement, les Fédérations régionales des banques alimentaires centralisent les vivres, récupèrent les invendus et reçoivent certaines donations. Elles les transmettent ensuite aux associations locales, plus à même de réaliser ce travail de terrain et de proximité. Le travail accompli par ce réseau est loin d’être négligeable : en 2019, pas moins de 17.936 tonnes de nourriture – soit 36 millions de repas – furent collectées et distribuées à plus de 168.000 bénéficiaires par les milliers de bénévoles des associations locales, un record pour la Fédération des banques alimentaires.

Ces chiffres, qui sont d’après les responsables de l’organisation en constante augmentation, donnent le tournis par leur importance, et questionnent le rôle joué par les pouvoirs publics en matière de gaspillage, de pauvreté et d’accès à l’alimentation. L’alimentation est en effet un enjeu non seulement sanitaire, agricole et environnemental, mais aussi social. Il nécessite dès lors un engagement au niveau de la réduction de la pauvreté dans le monde, en Europe et en Belgique. En tant que jeunes, œuvrons afin que ce phénomène attristant de l’insécurité alimentaire disparaisse, que ce soit en étant attentifs à éviter le gaspillage de vivres, en incitant les pouvoirs publics à renforcer leur action dans cette optique, ou encore en nous engageant nous-mêmes dans de telles activités de bénévolat. À ce titre, si tu es intéressé par l’idée de contribuer à la collecte et à la distribution de vivres à des personnes dans le besoin, n’hésite pas à consulter la page Facebook de la Fédération belge des banques alimentaires, ou à t’informer via leur site internet.

Donne-nous ton avis

Pour récolter les voix des jeunes sur la thématique de l’alimentation durable, les jeunes ont mis en place une enquête. L’objectif final de cette consultation est de récolter les voix d’un maximum de jeunes âgés de 16 à 30 ans et résidant en Fédération Wallonie-Bruxelles afin de construire un plaidoyer politique significatif et cohérent.

Répondez ici à la consultation.

Cet article a été rédigé par Norman et Archibald, membres de la Team Développement Durable du Forum des Jeunes.